Le cortège fatal

Je n'ai pas fini, mais finir de décrire ces objets hystérisants me semble une tâche impossible à accomplir, au vu de leur nombre...Laissez-moi quand mêmeLe c vous parler brièvement de leurs collègues, qui font partie de la même secte, celle qui a pour but de détruire insidieusement et sournoisement l'humanité en gangrénant notre vie de tous les jours :

Les merveilleuses clés USB, qui sont bien sûr encore appelées à évoluer, mais qui pour le moment vous obligent à des contorsions monstrueuses pour trouver l'orifice adéquat de l'ordinateur, avec la vague impression de mettre un thermomètre dans le cul d'un tatou...
Ces bouteilles de ketchup que les têtes pensantes de chez Heinz ont enfin pensé à équiper d'un système d'enfer : elle se garde goulot vers le bas, et est maintenant munie d'une sorte d'anus en caoutchouc...Est-il besoin de rappeler qu'il y a encore six mois, on perdait 10% du produit qui restaient collés au fond de la bouteille ?
Les velux qui remplacent nos bons vieux vasistas, et qui contrairement à leurs aînés, si vous les oubliez ouverts par temps de pluie, après avoir collecté toute l'eau qui correspond à leur surface, pivotent, et provoquent une inondation maximum (garantie!) en se déversant à l'intérieur de la pièce.
Les nouvelles boîtes de conserve à ouverture facile qui, lorsque la languette ne vous reste pas dans la main (vous obligeant à chercher partout l'ouvre-boîte à l'ancienne, ou à vous blesser avec un couteau), ont une conformation avec des rebords merdiques, qui leur permet de garder jalousement leur contenu.
Ces nouveaux avertisseurs de ceinture de sécurité fascistes, qui ne tiennent pas compte du fait que certaines manoeuvres délicates, genre marche arrière dans un parking obscur, ne peuvent s'effectuer de manière idoine que sans ceinture, et qui vous stressent avec leurs hurlements au moment ou vous avez le plus besoin de concentration...

La liste est encore longue, donc il ne me reste plus qu'à vous dire : "Ami(e)s consommateurs(trices), bonsoir."
Le cortège fatal

# Posté le mercredi 05 juillet 2006 13:44

Le menu démoniaque

Le menu démoniaque
Vous avez réussi à ouvrir votre DVD ? A la bonne heure. Laissons le type avec son sac poubelle et allons regarder votre chef-d'oeuvre numérique. Vous croyez bêtement appuyer sur un bouton et voir défiler le film que vous avez loué ou acheté ou emprunté ? Ce n'est pas si simple. C'est qu'au début de chaque film en DVD, se trouve un chancre syphilllitique appelé "Menu". Il vous permet de choisir la langue, les sous-titres, de ne regarder que la bande-annonce, ou le piercing mammaire de la star en plan fixe, si si y'a des pervers, donc rien que du parfaitement normal. La plupart du temps, c'est effectivement simple et clair, mais le problème, parfois, c'est que dans ce menu se concentre la partie la plus prolifique du sens artistique de l'éditeur, et il a juré de transformer son menu en un festival de créativité débridée, d'inventivité inspirée, à côté duquel le film lui-même paraîtra un tantinet pâlot. Musiques, montages, habillages gothiques, sur-intros, sous-génériques, ça anime, ça illustre, ça symbolise, et paumé dans ce bordel vous devez trouver vos sous-titres, votre langue, votre film, appuyer, choisir, vous tromper, revenir, vous taper pour la quatrième fois la musique-dialogue-animation-illustration puis démarrer le film qui défile en ouzbek, avec des sous-titres finnois, et que vous laissez comme ça, plutôt que de vous bouffer la gueule une nouvelle fois avec le menu maudit...

# Posté le mercredi 05 juillet 2006 13:40

Le cordon qui tue...

Le cordon qui tue...
Une autre plaie de la vie quotidienne moderne, c'est le cordon du sac poubelle. Je ne parle pas de ces sacs chers de luxe avec un gros cordon-poignée auto-serrant qui a quand même une bête tendance à vous rester dans la main si vous serrez trop fort, mais du sac poubelle banal, bleu, vert ou noir, où le fabricant prévoyant et plein de sollicitude a prévu un petit ruban coquin astucieusement caché dans les plis du plastique, et qui servira à nouer d'un geste viril les bords du sac plein, lesquels, présentement tordus dans votre main, n'attendent qu'une occasion pour se détendre, béer comme une orchidée en chaleur et libérer perfidement sur le sol de votre cuisine un contenu toujours à base de marc de café, de restant de purée ou de graisse de poulet rance. Et bien, ce cordon salvateur, n'avez-vous pas remarqué qu'une fois sur cinq il est introuvable ? Caché dans les replis moites du polyvinyle, arraché avec lesac précédent, ou invisible à force de discrétion transparente ? Et vous voilà comme un con, la main bloquée sur le sac rebelle qui guette toujours une occasion, le fils de pute, tel un déliquant tertiaire que vous auriez plaqué au sol, et votre main fébrile cherche les menottes, et que dalle. Et là, vous pouvez vous accrocher, ces bouts de ficelle, fils de fer, cordons divers qui traînent partout chez vous, aucun ne se trouve jamais à portée de main.

# Posté le mercredi 05 juillet 2006 13:38

Le pointillé de la mort !

Le pointillé de la mort !
Qui entonnera jamais la complainte du papier prédécoupé ? ça existe pourtant depuis un bail, mais on ne s'en plaignait pas quotidiennement. Depuis, avec la multiplication des courriers informatiques et des formulaires à renvoyer, on a tous au moins un truc prédécoupé à découper dans la journée, sans parler des divers PQ, chèques, sacs poubelles, sopalin, tickets restaurants, etc. Et c'est là qu'on est tous victimes d'une malédiction infâme qui s'appelle "profondeur de découpe insuffisante". Vous avez devant les yeux les pointillés d'apparence honnête et engageante, qui, sous votre doigt décidé et conquérant, ne demandent qu'à se détacher dans un petit Rrrrrrrip jubilatoire, justifiant par là leur seule raison d'être sur cette terre, mais cette apparence est un piège diabolique. Votre main s'est-elle emparée du papier d'un geste énergique ou méticuleux, le résultat est le même : la déchirure, au lieu de suivre le droit chemin mathématiquement tracé, part perpendiculairement au trajet prévu et va terminer sa course dans la mention indispensable, le code à n'abîmer sous aucun prétexte, le numéro unique. La seule solution, c'est de prendre des ciseaux avant même d'essayer, mais découper une prédécoupe avec des ciseaux, c'est vraiment minable...

# Posté le mercredi 05 juillet 2006 13:37

La cellophane maudite !

La cellophane maudite !
Tout d'abord, cet emballage merdique qui nous suit depuis des années, et qui a evolué avec la technologie...
Par exemple, on pouvait s'indigner jadis du sadisme débridé des emballeurs de cassettes vidéo, qui avaient trouvé pour envelopper leur produit un modèle de cellophane transparent qu'aucune main humaine ne pouvait détruire en étirement linéaire, et dont le principal résultat était de plonger l'utilisateur dans des crises d'hystérie, lesquelles se terminaient par l'accident ou l'épilepsie. Les années ont passé, les cassettes vidéo ont été peu à peu remplacées par les DVD, mais l'emballage est à peu de choses près resté le même, il se porte bien merci. Avec ou sans languette d'ouverture, tout consommateur non équipé d'un cutter, couteau de cuisine, scalpel, ou tronçonneuse, a toujours toutes les chances d'atteindre les 24 de tension avant le disque digital. Ces emballages cellophanes sont toujours une brimade persistante, un poison insidieux, mais aucune émeute ne s'est jamais déclenchée, aucun mouvement de protestation n'a acheté des pages du Monde, aucune pétition ne s'est organisée. Alors la malédiction de l'emballage transparent continue...

# Posté le mercredi 05 juillet 2006 13:36